

Mathieu Janneteau
J’ai passé trente ans à écouter.
Face à des milliers de personnes — soudeurs, notaires, chefs d’entreprise, grands-mères, avocats — j’ai entendu leurs blessures, leurs rêves, leurs secrets. Puis je marquais leur peau.
Un tatouage dure une vie.
Je voulais créer quelque chose qui en dure plusieurs.
Je vis en Abitibi, dans une maison en bois rond que j’ai construite de mes mains. Mon atelier, je l’ai assemblé en tenon et mortaises avec mes adolescents — les mêmes qui travailleront à mes côtés chez Baribal Héritage. Père de cinq enfants, je forge pour le plaisir, je chasse sur mes terres, je pratique les arts martiaux depuis mes seize ans.
Mon parcours est atypique : DEC en graphisme, DEC en animation 2D, certificat universitaire en scénarisation.
Neurodivergent — TDAH, TSA, dyslexie — compensé par une douance et un esprit qui refuse les lignes droites.
J’ai parcouru l’Afrique, l’Asie, l’Europe, les Amériques. Ce que je cherchais était ici, dans la forêt, depuis le début.
Mon grand-père, Édouard Janneteau, a contribué à bâtir ce qui deviendra le mouvement Desjardins. Ami de Michel Chartrand, il a participé à l’implantation du syndicalisme québécois. À sa mort, des ministres sont venus en limousine, et le premier ministre du Canada a envoyé une lettre d’hommage.
Je ne m’attribue pas son œuvre, mais elle raconte d’où je viens.
Je ne pense pas hors du cadre.
J’y habite.


